Agenda : Rêve d'Égypte au musée Rodin à Paris

Du 18 octobre 2022 au 5 mars 2023, le musée Rodin à Paris dévoile la collection égyptienne du sculpteur dans le cadre de l’exposition : « Rêve d’Égypte » qui évoque également la résonance de l’art égyptien dans l’œuvre de Rodin.

Une exposition fascinante

Vous connaissez déjà ses œuvres célèbres : l’Âge d’airain (1877), La Porte de l’Enfer (1880-1917), Le Penseur (1880), Le Baiser (1882), Les Bourgeois de Calais (1884-1889), Monument à Balzac (1891-1897), L’Homme qui marche (vers 1900), ainsi que ses muses parmi lesquelles Rose Beuret, la mère de son fils qu’il épousera quelques semaines avant son décès, mais également Camille Claudel, son élève, sa collaboratrice et maîtresse.
Mais cet automne, le musée Rodin dévoile au public du 18 octobre 2022 au 5 mars 2023, une autre passion du sculpteur : celle pour l’art égyptien dans le cadre d’une exposition d’envergure qui s’annonce fascinante et sobrement intitulée « Rêve d’Égypte ».

Cette exposition mêle donc judicieusement collection et œuvres de l’artiste, sculptures et dessins, ainsi que des archives et photographies pour mettre en contexte ses « amis de la dernière heure », comme l’artiste aimait à appeler les antiques qu’il chérissait. Un parcours de plus de 400 objets, tous restaurés pour l’occasion et sélectionnés parmi sa collection de sculptures riche de plus de mille œuvres dressant un portrait de l’Égypte de l’époque pré-pharaonique à l’époque arabe : ces nombreuses pièces donnent un aperçu de la passion de l’artiste pour ces antiquités et ce pays qui le fascinait tant « Plus que tout, l’Égyptien m’attire. Il est pur. L’élégance de l’esprit s’enguirlande à toutes ses œuvres. » Auguste Rodin, Les Cathédrales de France, Armand Colin, Paris, 1914.

Auguste Rodin, Assemblage, Nu féminin bras croisés, sans tête, dans une jarre, 1895, plâtre et terre cuite © musée Rodin, ph. C. Baraja. /Limet, Rodin travaillant sous le péristyle du Pavillon de l’Alma à Meudon, épreuve sur papier albuminé, vers 1912,

© musée Rodin.

Un parcours exceptionnel

L’exposition Rêve d’Égypte évoque aussi la résonance de l’art égyptien dans l’œuvre de Rodin, « à travers ses recherches sur la représentation du corps humain, la simplification des formes, le fragment ou la monumentalité » — ainsi le Monument à Balzac (1898) dont il disait « Le Balzac est le Sphinx de la France ». Il s’agit plus pour le sculpteur d’« être égyptien » que d’être inspiré par l’art égyptien. 

L’exposition est composée de séquences alternant l’atelier égyptien de Rodin et son musée égyptien à la villa des Brillants à Meudon puis à l’hôtel Biron. « Le parcours ouvre aussi des fenêtres sur l’Égypte ; elles font surgir des figures de passeurs, écrivains, artistes, antiquaires et égyptologues, qui guidèrent l’artiste vers l’Égypte en le nourrissant de sources visuelles, de récits ou d’objets. La constitution de la collection de Rodin révèle ainsi l’histoire du marché de l’art et des antiquaires de cette époque ».

Le musée Rodin accueille aujourd’hui sur deux étages de nombreuses œuvres d’Auguste Rodin, de Camille Claudel, mais également des peintures, des sculptures et des œuvres antiques issues des collections de Rodin. Amélie Simier, Conservateur général du patrimoine est la Directrice de ce musée qui a la particularité d’être installé dans le lieu choisi par l’artiste lui-même. Baigné de lumière grâce aux grandes baies vitrées donnant sur le jardin, le parcours des salles du musée est un enchantement sans cesse renouvelé au fil des saisons.

Auguste Rodin, La Pensée, 1895, plâtre, S.2837 /Coupe, Égypte, faïence © Agence photographique du musée Rodin, J. Manoukian.

Rodin égyptophile

Considéré par certains comme le père de la sculpture moderne, Rodin a réalisé environ 7000 sculptures, 10000 dessins et 10000 photographies au cours de sa carrière. Il faut dire qu’il s’intéresse très tôt au dessin. Son père, Jean-Baptiste, installé à Paris comme garçon de bureau à la préfecture de police ne voulait pas que son fils devienne un artiste. Et pourtant, âgé de 14 ans seulement, Rodin le convainc de l’inscrire à l’École impériale spéciale de commun le textile dans toutes ses dimensions.

Tout au long de sa vie, le peintre se passionna pour l’art de l’Antiquité. S’il fut initié à l’art gréco-romain dès les années d’apprentissage, il s’intéressa à l’art de l’Égypte lors de son retour à l’Antique, vers 1890. Il le collectionna avec frénésie entre 1893 et 1917 et rassembla plus de 800 objets égyptiens sur les 6400 que comprend sa collection : une impressionnante collection d’antiquités et d’œuvres monumentales, que l’on retrouve aujourd’hui au musée Rodin.

Personnage agenouillé, les bras levés en signe d’adoration, Égypte, calcaire, © musée Rodin, photo, Angèle Dequier. /Groupe de socles égyptiens © agence photographique du musée Rodin, J. Manoukian.