Le Grand Palais présente jusqu’au 29 février 2016 une rétrospective sur l’héritage de Picasso dans l’art contemporain. Au total, 400 œuvres de grands maîtres dont une centaine du peintre cubiste. Décryptage.
Sept ans après « Picasso et ses maîtres », qui s’intéressait aux influences de l’art classique sur l’œuvre du peintre, c’est à la postérité de celui-ci que s’intéresse le Grand Palais. Intitulée sobrement : « Picasso. mania », cette formidable rétrospective tire son originalité de la combinaison d’une centaine de chefs-d’œuvre du peintre et de 300 autres de grands maîtres révélés au début des années 80. Un moment d’émerveillement à nul autre pareil à découvrir dans les 15 salles dédiées. « L’œuvre de Picasso, chaque fois que vous êtes confronté à elle, elle vous donne un choc. Cette intensité, cette puissance, elle est irrésistible et totalement universelle », commente Didier Ottinger, commissaire général de l’exposition, conservateur général du Patrimoine et directeur adjoint du Musée national d’Art moderne - Centre Pompidou.
Parcours de l’exposition
À la fois chronologique et thématique, le parcours de cette exposition retrace les moments de la réception critique et artistique de l’œuvre de Picasso, les étapes de la formation du mythe associé à son nom. Des natures mortes cubistes aux Mousquetaires des expositions d’Avignon de 1970 et 1973, le parcours de l’exposition est ponctué d’œuvres de Picasso issues des collections du Musée national Picasso - Paris, du Musée National d’art Moderne, ainsi que des collections de la famille de l’artiste. Leur présentation s’inspire des accrochages réalisés par l’artiste dans ses ateliers, et des expositions qu’il a lui-même supervisées.
Aux grandes phases stylistiques et œuvres emblématiques de Pablo Picasso telles que Les Demoiselles d’Avignon et Guernica, répondent des créations contemporaines de David Hockney, Jasper Johns, Roy Lichtenstein et Martin Kippenberger présentées dans des salles monographiques. Plus loin, à la faveur d’expositions qui l’ont réinscrit au cœur de la création contemporaine (A New Spirit in Painting, Royal Academy of Arts, 1981) ou qui en ont éclairé le sens (Das Spätwerk. Themen : 1964-1972, Bâle, 1981 ; The Last Years, Guggenheim Museum, 1984), les œuvres des dernières années de Picasso sont redevenues sources d’inspiration. Son éclectisme stylistique, son « cannibalisme » des maîtres anciens, la libre facture des peintures tardives ont inspiré la génération d’artistes révélée au début des années 80 (Georg Baselitz, Jean-Michel Basquiat, George Condo, Julian Schnabel, Vincent Corpet…). Quant à l’intitulé de l’exposition, il trouve ses origines dans la réponse du peintre à un journaliste en mai 1959 à Marseille et citée dans Picasso, Propos sur l’art, Gallimard : « vous continuerez longtemps à peindre ? - Oui, parce que pour moi, c’est une manie ». À la fois peintre, sculpteur, céramiste et graveur, 42 ans après sa mort, Pablo Picasso l’inventeur du cubisme demeure le maître absolu de l’art du XXe siècle.
Toutes les informations complémentaires sur le site du Grand Palais : www.grandpalais.fr