Dès ce matin et jusqu’au dimanche 7 février, le Parc des Expositions de la Porte de Versailles accueille la 13e édition du Salon L’Aiguille en fête, avec pour thème les trésors Mayas.

Pendant quatre jours, les amateurs de fils vont s’immerger dans un univers foisonnant mettant en lumière le savoir-faire des artistes et des artisans d’Amérique centrale et du Sud à l’occasion de la 13e édition du salon l’Aiguille en fête. Les techniques employées sont variées : du tissage à la broderie, en passant par le collage et diverses techniques de dentelle ou encore le crochet, les pièces exposées au salon sont réalisées avec les mêmes techniques que celles pratiquées depuis des siècles.

 

L'aiguille en fête

À la découverte des techniques ancestrales amérindiennes

Voici trois millénaires que les femmes mayas réalisent des tissages d’une étonnante complexité à partir du traditionnel métier de ceinture, appareil rudimentaire que l’on porte à la taille. Là-bas, tisser est un acte sacré. On le fait comme on entre en religion, avec le cœur, la passion et la sensation d’accomplir un geste pour l’humanité ! Le filage et le tissage, associés au symbolisme de l’enfantement, mais aussi à l’œuvre divine décrite dans les textes anciens (Popol Vuh) ou transmis de génération en génération, sont des actes essentiels à la reproduction de l’univers spirituel des Mayas.

Placées sous la protection de la déesse Ixchel à l’époque précolombienne, les tisserandes contemporaines réalisent des textiles au sein desquels figurent, encore et toujours, les symboles de l’univers cosmogonique traditionnel : soleil, lune, étoiles, éclairs, animaux fabuleux, ainsi que les cycles du calendrier. Les motifs brochés sur les somptueux costumes féminins peuvent se lire comme un texte où se trouvent inscrits l’origine du village, l’âge, la position sociale de celle qui le porte, sans oublier le récit des mythes et de l’histoire locale. Malheureusement, les conditions climatiques qui prévalent dans l’ère maya n’ont pas permis la conservation de textiles anciens. Quelques rares fragments datant de l’époque précolombienne sont les seuls vestiges connus de cette production dont témoigne largement par ailleurs l’iconographie des stèles, des codex et des poteries. Sur l’Aiguille en fête, le public découvrira donc des tableaux mayas, huichols, tenangos, kunas d’Amérique centrale, mais aussi indiens du Nordeste brésilien (une région hautement artistique) au cœur des expositions.

Des animations tous azimuts

À côté de cette formidable exploration en terre amérindienne, d’autres centres d’intérêt, tout aussi importants viennent se greffer autour de cet axe central contribuant, comme à l’accoutumée au succès du salon L’Aiguille en fête. La clé du succès de cette formidable aventure qui dure depuis plus d’une décennie réside dans l’organisation sans faille autour du fil avec des ateliers créatifs, les championnats de couture et de vitesse de tricot, une dizaine d’expositions, toutes plus inventives les unes que les autres et des exposants au talent immense et triés sur le volet. Cette année encore, ils sont près de 300 à faire le déplacement du Parc des Expositions Porte de Versailles à Paris. Venus d’horizons divers et des quatre coins du globe, « ils transportent dans leurs malles les soies les plus précieuses, les tissus les plus rares, les fils les plus étonnants » qu’ils déballeront sur 12 000 m2.

Du côté créateurs : Jeanne Chausson viendra exposer sa palette textile. Cette architecte de formation pratique les arts du fil, les techniques de dessin et de gravure. Elle utilise sa palette textile comme un peintre ses tubes de couleurs. Pour obtenir de belles gammes colorées, Jeanne Chausson teint ses tissus. Pour raconter des histoires, elle grave ses propres motifs dans du bois puis les imprime. Le matelassage ajoute des effets de texture aux surfaces unies. Elle associe à ses tissus, des étoffes anciennes.

Le public s’émerveillera tout autant devant le stand d’un artiste étonnant qui veut « porter le monde à bout de tresse » selon ses propres mots. Odon, c’est son patronyme, est un aventurier du tressage et un enfant surdoué. Autre exposition qui vaut le détour, la dentelle au filet du Brésil. Inspirée par les filets de pêche, cette technique à l’aiguille consiste à remplir d’un motif un filet de mailles simples de forme carrée, tendu sur un châssis. L’ouvrage lui-même combine plusieurs points : point russe, point de croix, point Richelieu, point de guipure. Cette dentelle, généralement en coton et souvent blanche, fut importée par les Portugais qui s’en servaient pour décorer les autels des églises. Un programme alléchant !

Le salon l’Aiguille en fête, du jeudi 4 au dimanche 7 février 2016. Jeudi : 9h30-19h Vendredi : 9h30-21h Samedi : 10h-19h Dimanche : 10h-17h.

 

Les broderies tenango
Les broderies tenango racontent des histoires mythiques mêlant une certaine vision du cosmos à celle de la nature qui entoure ces populations. Leurs couleurs, leurs formes et leurs textures donnent ici un sens à la vie symbolique des représentations.
 
Les tableaux de laine huitchols
Les tableaux de laine huitchols, peuple indien du Mexique sont célébrés par les grands musées du monde, ils fascinent les amateurs d’art depuis le milieu du XXe siècle.