Le Centre National du Costume de Scène à Moulins dans l’Allier, célèbre les 400 ans de Molière à travers l’exposition « Molière en costumes », qui met en scène plusieurs décennies de création théâtrale à travers 150 costumes. A découvrir jusqu’au 6 novembre 2022.

 

Un événement marquant

Né Jean-Baptiste Poquelin, connu sous le nom de Molière, il fut baptisé à Paris le 15 janvier 1622. Le Centre National du Costume de Scène (CNCS) à Moulins dans l’Allier, a choisi de marquer le coup en célébrant le 400e anniversaire de la naissance de cet auteur, comédien et chef de troupe, en présentant depuis le 25 mai et jusqu’au 6 novembre 2022, une exposition sobrement intitulée « Molière en costumes ».

« Acteur, chef de troupe, auteur et metteur en scène, Molière est l’homme de théâtre complet par excellence. Il joue, en tant qu’auteur, sur toute la gamme des effets comiques, de la farce la plus bouffonne jusqu’à la psychologie la plus élaborée. Ses pièces où, s’attaquant à un vice de l’esprit ou de la société, il campe des personnages qui forment des types, sont de véritables chefs-d’œuvre. En élevant la comédie, considérée avant lui comme un genre mineur, il a donné un élan vital au théâtre », se réjouit le Larousse.

Issu d’une famille bourgeoise, « Molière renonce à ses études de droit et à sa carrière juridique pour endosser les habits de comédien et se consacrer à la grande passion de sa vie, le théâtre », souligne le service de presse du CNCS. Les visiteurs vont découvrir plusieurs décennies de création théâtrale à travers 150 costumes et un ensemble de maquettes, de photographies et de captations audiovisuelles. Tous les grands personnages de l’œuvre de Molière sont convoqués : Alceste le misanthrope, Harpagon l’avare et Tartuffe le faux dévot, l’indécise Célimène et la naïve Agnès, le vaniteux Monsieur Jourdain et le rusé Sganarelle.

 

Un événement marquant

 

Arnolphe (Pierre Arditi) et Agnès (Agnès Sourdillon) dans L’École des femmes, Cour d’Honneur du Palais des Papes, Avignon, 2001. Mise en scène Didier Bezace. Costumes Cidalia da Costa. © Photographie : Brigitte Enguérand.

Une scénographie magistrale !

Dans une scénographie magistrale de Philippine Ordinaire, sublimée par la conception graphique de Trafik, le public découvre de salle en salle, un parcours organisé autour des thématiques qui jalonnent l’œuvre de Molière : vices et vertus, satire de la médecine et de la religion, raillerie du bourgeois grotesque, condition des femmes, jalousie et infidélité…

Sélectionnés parce qu’ils sont à la fois singuliers et emblématiques d’un metteur en scène – le Dom Juan de Louis Jouvet, le Dandin de Roger Planchon ou Le Malade imaginaire de Jean-Marie Villégier – ou d’un costumier - Suzanne Lalique, Christian Bérard ou encore Patrice Cauchetier – les costumes sont également le reflet de tendances que ce soit celle de la reconstitution historique, de la mode du temps ou de la transposition historique ou simplement le produit de l’imaginaire d’un créateur. Une place importante sera naturellement accordée à la Comédie-Française, encore aujourd’hui appelée « Maison de Molière », fondée en 1680, de l’auteur dont toutes les pièces sont inscrites au répertoire. La visite s’achève en feu d’artifice par l’évocation de la comédie-ballet, genre dramatique mêlant musique, chants et danses, inventé par Molière avec la complicité de Lully, et au sein duquel, Le Bourgeois gentilhomme et Le Malade imaginaire constituent des chefs-d’œuvre.

 

Un événement marquant

 

A gauche : costume porté par Coquelin Cadet pour le rôle de Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois gentilhomme. Collection CNCS/Comédie-Française. © CNCS/Florent Giffard. A droite : costume porté par Jacques Charon pour le rôle de Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois gentilhomme. Mise en scène de Jean-Louis Barrault. Costumes d’Agostino Pace. Production de la Comédie-Française, 1972. Collection CNCS / Comédie-Française © CNCS / Pascal François.

Le CNCS en quelques mots

Les pièces présentées sont majoritairement issues des collections du CNCS, de la Comédie-Française et du département des Arts du spectacle de la BnF mais également empruntées à des théâtres, compagnies ou institutions culturelles, telles que le Théâtre national populaire (Villeurbanne), la Maison Jean Vilar

Véritable fleuron du patrimoine artistique, le CNCS conserve, montre et explique les œuvres d’une collection unique au monde composée aujourd’hui de 10 000 costumes de théâtre, de danse et d’opéra du milieu du XIXe siècle à nos jours provenant de dépôts des trois institutions fondatrices du Centre : la Bibliothèque nationale de France, la Comédie-Française et l’Opéra national de Paris, auxquels sont venus s’ajouter de nombreux dons de compagnies, d’artistes et de théâtres. Ce musée unique au monde a présenté pas moins de 29 expositions saluées par le public et abrite depuis 2013, la collection du danseur Rudolf Noureev soit un ensemble de 3 500 pièces.

 

Un événement marquant

 

A gauche : costume porté par Catherine Samie pour le rôle de Georgette dans L’École des femmes. Collection CNCS/ Comédie-Française. © CNCS/Pascal François. A droite : costume porté par Thierry Hancisse pour le rôle de Mascarille dans Les Précieuses ridicules. CNCS/Comédie-Française. Florent Giffard.