L’élégance de la comtesse Greffulhe en vogue au Palais Galliera

Cet hiver, le Palais Galliera présente la garde-robe exceptionnelle de la comtesse Greffulhe. Au total, une cinquantaine de robes emblématiques de la muse secrète de Marcel Proust, accompagnées de ravissants accessoires. C’est à découvrir jusqu’au 16 mars 2016 !

Le Musée de la mode de la ville de Paris, sis au Palais Galliera dans le 16e arrondissement, accueille pour quatre mois, une exposition hors du commun. Sobrement intitulée : La mode retrouvée - Les robes trésors de la comtesse de Greffulhe, elle met en scène la garde-robe exceptionnelle de la célèbre comtesse née Élisabeth de Caraman-Chimay (1860 -1952). Au total, une cinquantaine de robes, toutes plus belles les unes que les autres et confectionnées par des couturiers de renom dont l’inventeur de la haute couture en personne. De 1964 à 1990, les héritiers et descendants de la comtesse Greffulhe ont fait don au Palais Galliera d’une partie de sa garde-robe. Ces pièces constituent un des plus importants fonds historiques du musée. Dès lors, pour Olivier Saillard, le directeur du Palais Galliera et commissaire de l’exposition, il était essentiel de montrer au grand public l’influence que la comtesse de Greffulhe eut sur ses contemporains. Olivier Saillard, dit d’elle qu’elle est « un cas unique de l’histoire de la mode et le porte-drapeau d’une haute couture fastueuse et exemplaire ». Même son de cloche chez Laure Hillerin, journaliste, écrivain et historienne qui a publié en 2014 chez Flammarion La comtesse Greffulhe - L’ombre des Guermantes : « c’est une personnalité hors norme qui a fasciné ses contemporains par sa grande beauté, sa silhouette juvénile et son élégance souvent excentrique » expliquait-elle à nos confrères de l’Express à la sortie de sa passionnante biographie sur la comtesse Greffulhe.

Une exposition unique en son genre !

Loin d’être une exposition de mode traditionnelle, cette manifestation réunit en un même lieu et de façon exceptionnelle, des robes qui sont des témoins des couturiers d’une époque et surtout au carrefour d’une littérature foisonnante incarnée par Robert de Montesquiou l’oncle de la comtesse et Marcel Proust. Ces robes sont « des pictogrammes pour la mode comme pour la littérature » commente Olivier Saillard. Plus qu’une garde-robe, c’est un pan entier de l’histoire de la mode que le Palais Galliera fait revivre au public jusqu’au 20 mars. Le public est invité à admirer une cinquantaine de modèles (robes, manteaux) griffés Worth, Fortuny, Babani, Lanvin, Nina Ricci, Maison Soinard ou encore Hellstern & Sons. Chaque pièce est une curiosité, raconte une histoire particulière. Une série d’étonnants portraits, de belles photographies et de films viennent compléter l’ensemble, apportant une vision globale de la vie de l’une des figures les plus passionnantes de la Belle Époque. Influente, féministe et philanthrope, parler de la comtesse de Greffulhe uniquement comme muse de Marcel Proust, serait réducteur.

Une scénographie en trompe-L’œil

Dans une magnifique scénographie en trompe-l’œil, magistralement montée par Béatrice Abonyi, l’exposition révèle au fil des salles, l’âme de la comtesse, tantôt joyeuse et menant une vie insouciante et bien remplie, tantôt meurtrie et restant digne. Ce sont certainement cette dualité et cette contradiction flamboyante qui insufflent à l’exposition toute son aura. Ces deux visages de la comtesse sont fidèlement mis en valeur dans l’exposition avec toute la subtilité qui caractérise Olivier Saillard.
Après Paris, cette garde-robe exceptionnelle de la comtesse Greffulhe sera présentée au Museum du FIT de New York en septembre 2016. Le public américain découvrira alors à son tour le vestiaire précieux de celle qui a subjugué, hanté et inspiré Marcel Proust « Aucun élément n’entre en elle qu’on ait pu voir chez aucune autre ni même nulle part ailleurs », écrit-il à Montesquiou. « Mais tout le mystère de sa beauté est dans l’éclat, dans l’énigme surtout de ses yeux. Je n’ai jamais vu une femme aussi belle. »

Toutes les information sur le site web www.palaisgalliera.paris.fr

 

Maison Worth, robe du soir dite « Robe aux lys », vers 1896. Velours noir, applications de soie ivoire en forme de lys rebrodées de perles et de paillettes métalliques. © L. Degrâces et Ph. Joffre / Galliera / Roger-Viollet
 

Ensemble du soir (boléro, robe), vers 1925. Boléro : lamé or et vert, dentelle dorée. Robe : Dentelle métallique aux fuseaux, en fils de soie jaunes dorés et filés métalliques. © Julien Vidal / Galliera / Roger-Viollet
 
Photo d'illustration : Eventail : Éventail pliant, 1878- Plumes d'autruche chinées, écaille brune, ornement argent ou vermeil dédoré, diamants, rubis et émeraudes. © Julien Vidal / Galliera / Roger-Viollet