Depuis 30 ans, Véronique Debroise règne sur le monde des jeux d’éveil éducatif et sensoriel. Sentosphère, son entreprise de loisirs créatifs commercialise une quarantaine de gammes dont Aquarellum qui fête ses 20 ans cette année.

 

Véronique Debroise, la fondatrice de Sentosphère
Véronique Debroise, la fondatrice de Sentosphère

 

C‘est en 1989 que Véronique Debroise, diplômée de l’Institut Supérieur International du Parfum de la Cosmétique et des arômes alimentaires (Isipca), crée le label Sentosphère, une société française spécialisée dans les jeux olfactifs. Objectif : partager sa passion pour les parfums. Dans un premier temps, elle s’attache à développer des produits spécifiques pour éveiller les sens à l’instar d’Aquarellum dont le succès ne se dément pas au fil des années. « Il s’agit d’une une méthode de peinture qui consiste à appliquer des couleurs au pinceau sur des cartes avec motifs embossés. La peinture pénètre dans les cavités pour faire apparaître les motifs comme par enchantement », ce qui permet de réaliser des créations extraordinaires.

Pour la créatrice, les raisons du succès de ce produit résident dans sa manipulation ludique, son rendu qualitatif, ses couleurs intenses et une liberté créative inégalée. En effet, cette technique n’implique pas nécessairement d’être doué en dessin : « il faut juste avoir le sens des couleurs, puis s’épanouir avec son style », explique-t-elle. Autre atout d’Aquarellum et non des moindres, il est accessible au jeune public, dès 4 ans.

 

Aquarellum captive les enfants…
Aquarellum captive les enfants…

 

La mécanique des loisirs créatifs

En à peine trois décennies, la créatrice a créé plus de 40 gammes de produits dont plus de 10 ont été récompensées par les jurys de professionnels de l’industrie du jeu et du jouet, en France comme à l’étranger. Ce « nez » qui a fait ses armes au sein des plus grandes entreprises de son domaine : le groupe américain International Flavors & Fragrances, l’un des trois leaders mondiaux de la création et de la fabrication de fragrances et d’arômes alimentaires, Givaudan (le géant suisse dans l’industrie de la parfumerie et des arômes) mais aussi chez l’Oréal, le leader mondial de la beauté… Cette nouvelle naissance est vécue comme un retour aux sources car c’est en lançant son Loto des Odeurs qu’elle a créé Sentosphère, avec seulement 6 000 euros en poche.

Elle reconnaît volontiers que l’essor des loisirs créatifs en général et du plaisir à créer soi-même en particulier, a probablement eu un impact sur la performance de ses jeux d’éveil artistique. Elle ne se prive pas d’ailleurs d’en louer les effets bénéfiques sur le plan personnel : « les loisirs créatifs rentrent dans une démarche de recherche esthétique et nous entraînent vers des passions. Et il en faut pour donner du sens à sa vie. Ils développent toutes notre capacité à être habile de nos mains et à développer notre sens pratique ou artistique pour améliorer notre environnement » commente-t-elle.

 

Aquarellum Black Line Montgolfières
Aquarellum Junior Princesses

Ci-dessus, àgauche : « Aquarellum Black Line Montgolfières » invite les artistes de tous niveaux à jouer avec les couleurs pour revivre les premiers vols en ballon du XVIIe siècle. © Aquarellum. A droite : « Aquarellum Junior Princesses » et ses couleurs éclatantes. © Aquarellum.

 

Une expérience sensorielle inoubliable

C’est en regardant un tableau naïf de Scoz, un peintre brésilien qui a fait beaucoup de bahianaises et tableaux de villages brésiliens avec des balcons en fer forgé blanc que l’idée de créer Aquarellum lui est venue. « En rêvassant un jour, je me suis dit qu’il serait très amusant de refaire ces tableaux en facilitant la mise en couleur par un liseré qui n’accrocherait pas la peinture et qui permettrait de faire apparaître les motifs de dentelles comme par enchantement » se souvient-elle. Pour cela, il lui fallait trouver une résine répulsive à la peinture. Puis elle a passé l’été 1996 à formuler toute une gamme de nuances : Aquarellum était né ! Aujourd’hui, il est vendu dans 25 pays. Son aventure s’est faite en plusieurs étapes : elle a démarré aux États-Unis, conquis ensuite la Belgique avant de séduire 15 autres pays… En 2015, sur un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, il en représentait 23 % et à l’export, il est à 30 %.

Quid de sa formation professionnelle ? « Mes études de parfumerie m’ont permis de comprendre combien il était important d’avoir des sensations et, tout particulièrement, des sensations olfactives. Ce sont des sensations assez extraordinaires et inconnues du grand public. J’ai essayé de faire partager ces découvertes avec les jeux olfactifs que j’ai lancés ». Ce qui lui a également permis de superviser toutes les étapes de fabrication de ses produits.