Après trois ans de travaux gigantesques, le musée de Pont-Aven a rouvert ses portes le 26 mars dernier. L’occasion pour le public de découvrir son nouvel écrin, plus lumineux et plus spacieux.




Surnommée, la « cité des peintres », Pont-Aven est une commune pittoresque du Finistère, au sein de Concarneau Cornouaille Agglomération, au même titre que : Elliant, Melgven, Névez, Rosporden, Saint- Yvi, Tourc’h et Trégunc. Elle tient sa notoriété de la vie artistique bouillonnante qu’elle abrita entre 1860 et le milieu du 20e siècle. Gauguin, Serusier, Denis, Filliger, Bernard figurent parmi les peintres illustres qui vinrent ici trouver leur inspiration, formant ce que l’on appelle : L’École de Pont-Aven. Ce mouvement pictural regroupait des peintres en rupture avec la société bourgeoise autour de Gauguin non pas à la façon d’un maître entouré de ses élèves mais plutôt comme une mise en commun d’idées et d’esthétiques personnelles et novatrices, en marge de l’enseignement officiel. « Majestueux entre les collines qui ont inspiré les artistes, le nouveau musée de Pont-Aven est pensé pour les oeuvres qu’il conserve et les paysages extérieurs, sources premières d’inspiration des peintres » explique Estelle Guille des Buttes-Fresneau, la conservatrice en chef du musée.

 

 

 

Un projet architectural ambitieux

C’est avec une curiosité non dissimulée que les Pontavenistes ont découvert le 26 mars dernier, leur nouveau musée après ces trois années de travaux gigantesques. Plus de 6 000 visiteurs se sont alors pressés et relayés durant tout ce week-end-là pour découvrir ce nouvel écrin. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils étaient enchantés. Déjà, la nouvelle entrée du musée se fait depuis la Place Julia, immédiatement accessible à tous. Une fois à l’intérieur, on se sent forcément bien dans ce nouveau hall mettant en scène un jeu de transparences et de reflets absolument fantastique. Les espaces du musée ont été doublés et offrent des services plus étendus : salles des expositions temporaire et permanente agrandies avec une muséographie de très grande qualité, un centre de ressources agrandi et modernisé, et un espace paysager inspiré par une oeuvre de Charles Filiger : Paysage rocheux, Le Pouldu, présentée dans le parcours permanent.En effet, la cour intérieure du musée est traitée en jardin pentu constituant à la fois une continuité avec le vaste hall d’accueil du rez-de-chaussée, et un espace de représentation, visible de la desserte des étages. C’est une sorte de jardin « coup d’oeil » qui renvoie aux lieux qui ont inspiré les artistes présentés dans le musée notamment, dans ses lignes souples en acier corten et le choix des végétaux représentatifs des paysages bretons (bruyères colorées, ajoncs, graminées…).

 

 

 

Place à l'esthétisme et à la fonctionnalité

Dans le même temps, l’extension contemporaine sur cour est une réussite totale avec ce bâtiment en retour d’aile sur jardin, adossé au mur mitoyen ouest. Une vaste circulation verticale vitrée, ouverte et lumineuse a été installée, favorisant ainsi une dynamique importante au coeur du projet. Cet aménagement constitue un véritable point d’appel des publics vers les espaces muséographiques.

Volontairement, l’architecture du nouveau bâtiment est minimaliste. Objectif, être au service des collections et de l’architecture existante. Un vocabulaire de lames de bois verticales enveloppe l’extension et se prolonge en toiture, en assurant la protection et le filtrage de la verrière, ainsi qu’une qualité de lumière naturelle zénithale pour les salles d’expositions.

Le projet architectural du nouveau musée répond à des enjeux précis dont celui de l’établir comme un véritable moteur culturel, économique et touristique de la région. « L’organisation générale du nouveau musée privilégie la clarté et la lisibilité des différentes fonctions du bâtiment afin de faciliter la déambulation des visiteurs » soutient l’équipe d’architectes. Afin de combler certaines lacunes du parcours que connaissait le musée, la muséographie a été totalement repensée avec l’installation de dispositifs audiovisuels et multimédias simples mais efficaces. La part belle a été faite aux images et aux explications pédagogiques. Ces dispositifs sont adaptés à tous les publics, notamment les personnes en situation de handicap.

 

 

 

La formidable aventure du musée de Pont-Aven a débuté en 1981 lorsque le Conseil municipal décide de la création d’un musée municipal, là où se trouvait le bureau de poste. L’idée prend forme avec l’inauguration de ce premier musée le 29 juin 1985. Son objectif était alors de faire connaître la vie artistique de la commune depuis les années 1860 et l’établissement d’une première colonie d’artistes américains, jusqu’à la peinture bretonne du milieu du XXe siècle, et de développer un travail d’étude la concernant. Créé sans collection, le musée rassemble aujourd’hui plus de 4 500 oeuvres et documents d’archives. La collection actuelle est essentiellement consacrée aux artistes de l’école de Pont-Aven mais présente aussi des artistes héritiers de son style.

 

 

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