Après trois ans de travaux gigantesques, la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson vient d’ouvrir ses portes au public. L’occasion de découvrir ce lieu hautement symbolique pour la Creuse et ses environs.

 

La Nef des tentures
La Nef des tentures, l’un des défis majeurs de la réhabilitation de la Cité internationale de la tapisserie. Tout au long de la Nef, des tablettes multimédia sont à la disposition des visiteurs pour zoomer sur des caractéristiques techniques de différentes tapisseries. © Éric Roger.

 

Après plus de trois ans de travaux, la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson vient d’ouvrir ses portes au public dans un nouvel équipement qui met particulièrement en valeur ce savoir-faire millénaire. Reconnue patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco depuis 2009, la tapisserie d’Aubusson a enfin un écrin à la hauteur de sa réputation. La Cité internationale de la tapisserie a en effet pris place au sein de l’ancienne École Nationale d’Art Décoratif (ENAD) d’Aubusson. Ce bâtiment, imaginé par Robert Danis en 1969, a été réhabilité à cet effet sous la direction de l’Agence d’architecture Terreneuve, pour un coût total de 8,5 millions d’euros. La nouvelle structure est co-présidée par Jean-Jacques Lozach, sénateur de la Creuse, et Valérie Simonet, Présidente du Conseil départemental.

 

Aurore ou les trois Écoles 
En arrière-plan, l’on aperçoit « Aurore ou les trois Écoles » [Nationales d’Art Décoratif], tapisserie de basse-lisse d’après Charles Genuys, 1895. Coll. ENAD Aubusson. © Éric Roger/ Cité internationale de la tapisserie.

 

Ses missions

La Cité de la tapisserie a pour mission première de conserver, d’enrichir et de mettre en valeur ce grand savoir-faire qu’est la tapisserie d’Aubusson. Avec un projet scientifique et culturel renouvelé, elle construit une collection de référence permettant de retracer cinq siècles et demi de production en Aubusson. Si elle s’appuie sur le passé, elle est également tournée vers l’avenir. En effet, avec la mise en place d’un Fonds régional pour la création de tapisseries contemporaines, la Cité de la tapisserie participe à la relance de la création en Aubusson, notamment à travers un appel à projets qu’elle organise chaque année depuis 2010. Veiller à la transmission des savoir-faire de tissage et d’interprétation est une autre de ses missions. C’est ainsi qu’elle promeut et accompagne la filière économique complète et préservée (filatures, teintureries, cartonniers, lissiers, restaurateurs) : « plus qu’un musée, c’est un équipement culturel, un facteur de développement territorial, au cœur d’une économie de patrimoine. Il est porté par le renouveau de la tapisserie et de l’expression textile dans la création contemporaine », explique le sénateur Jean-Jacques Lozach.

 


La tapisserie en représentation dans la Nef des tentures. Conçu comme un véritable spectacle, c’est l’espace phare du nouveau parcours d’expositions. La scénographie ici évoque, grâce à des décors en trompe-l’œil inspirés du théâtre, leur époque d’origine pour une véritable immersion dans l’univers tissé d’Aubusson. © Éric Roger.

 

 

Une formidable vitrine

Initiée par le Département de la Creuse, avec un important soutien de l’État, La Cité internationale de la tapisserie s’inscrit dans une démarche de valorisation de savoir-faire autour du fil et du tissage d’excellence. En effet, « donner à la tapisserie d’Aubusson la visibilité qu’elle mérite, c’est redonner aux Creusois en général, et aux Aubussonnais en particulier, la fierté de leur passé autour d’un savoir-faire d’exception, toujours vivant, comme le démontre la capacité des lissiers aubussonnais à réaliser des pièces contemporaines de haut niveau, dont certaines sont présentées dans de prestigieuses institutions en France et à l’étranger », renchérit Valérie Simonet, la Présidente du Conseil départemental.

L’implantation d’une telle vitrine « va intensifier l’animation du tissu d’entreprises d’excellence existant sur le territoire autour de la production de tapisseries de basse lisse, de tapis de haute lisse, de tapis tuftés, de tapisseries numériques, de tapis et moquettes jacquard, etc. » commente pour sa part Emmanuel Gérard, le directeur de la Cité internationale de la tapisserie.

Par ailleurs, ce nouvel équipement intègre aussi un atelier de restauration de tapisseries du Mobilier national car, comme le rappelle à juste titre Bruno Ythier, son conservateur : « la Cité internationale de la tapisserie n’est pas seulement un musée. C’est aussi un espace de formation, de création et un centre de ressources ».

Conçu par les scénographes Frédérique Paoletti et Catherine Rouland, et inspiré des techniques du décor de théâtre, le nouveau parcours muséographique offre une véritable immersion dans l’univers de la tapisserie d’Aubusson.