Le Centre National du Costume de Scène souffle sa 10e bougie sur un air de musique baroque, accompagné des plus beaux costumes des Arts Florissants de William Cristie. Ces somptuosités sont à découvrir du 9 avril au 18 septembre à Moulins, dans l’Allier.

Dix ans ! Oui, cela fait seulement dix ans que le Centre National du Costume de Scène (CNCS) situé à Moulins dans l’Allier, fait vibrer le public à chacune des expositions tenues en son sein, et pourtant, on a l’impression qu’il fait partie du paysage culturel depuis plus de deux décennies, tellement il sait régaler son public. En cette année anniversaire, la vénérable institution du Quartier Villars a vu les choses en grand. D’abord, dès le 8 avril, les Auvergnats auront la primeur de découvrir le timbre-poste imaginé par Christian Lacroix, le Président d’Honneur du CNCS, pour cette occasion unique, le reste de la France suivra à partir du 11 avril. Ensuite, cette dixième bougie se soufflera sur un air de musique baroque, du 9 avril au 18 septembre, autour d’une exposition des plus beaux costumes provenant des spectacles des Arts Florissants, intitulée : Barockissimo ! Les Arts Florissants en scène.

Les Arts Florissants en scène !

Fondés en 1979 par le chef d’orchestre franco-américain William Christie, Les Arts Florissants sont un acteur majeur de la redécouverte du répertoire baroque et « ne sont en rien un Ensemble comme les autres – c’est bien leur singularité qui rend possible cette exposition. Avoir à son actif plus de cinquante productions lyriques, montées par les plus grandes maisons d’opéras et festivals en France et à l’étranger, avec de brillantes équipes de production n’est pas banal », explique William Christie.

L’exposition Barockissimo évoque l’incroyable inventivité des Arts Florissants. Ce qui fait dire à Martine Kahane et Catherine Massip (commissaires de l’exposition et respectivement Présidente et Présidente d’honneur des Arts Florissants) que « l’enthousiasme suscité par la production désormais historique d’Atys de Lully, à l’Opéra-Comique en 1987, a conduit Les Arts Florissants à travailler depuis trois décennies avec les plus grands metteurs en scène et chorégraphes ».

L’exposition met également en scène des reproductions de maquettes de décors et de costumes, des photographies, des extraits de films, le tout en musique ! « On admirera tout autant l’art et l’originalité des costumiers que l’audace et l’esprit d’aventure des Arts Florissants, passant du tonnelet Louis XIV aux plumes des Incas ou au travesti haute couture » commentent les deux commissaires. « On le voit, l’opéra baroque, de quelque façon qu’on l’habille, est intemporel et a toujours quelque chose à nous dire sur son temps et sur le nôtre » ajoute William Christie.

 

Atys de Lully, costumes de Patrice Cauchetier, Opéra-Comique, 1987. Rôles de Flore (Elodie Fonnard) et du Temps (Bernard Deletré). © Pierre Grobois.
Atys de Lully, costumes de Patrice Cauchetier, Opéra-Comique, 1987. Rôles de Flore (Elodie Fonnard) et du Temps (Bernard Deletré). © Pierre Grobois.

 

Scénographie et parcours de l’exposition Barockissimo

L’exposition présente 150 costumes et de nombreuses reproductions iconographiques organisés selon un parcours chronologique et thématique. De la Salle d’honneur avec les costumes du Malade imaginaire, aux Indes galantes, en passant par la création de l’opéra en Italie, le public assistera à une représentation phénoménale admirablement mise en scène par Alain Batifoulier et Simon de Tovar. Leur génie créateur n’a d’égal que le spectacle qu’ils donnent à voir. Collant à l’univers unique des Arts Florissants, ils proposent un scénario époustouflant faisant resurgir la mémoire originale des créations et le dynamisme baroque des productions. Pour ce faire, ils s’appuient sur des sensations ressenties dans la puissance esthétique et inventive des Arts Florissants. En s’infiltrant dans les espaces du CNCS, ils intègrent totalement le public dans l’aventure. Le CNCS n’a beau avoir que dix ans, force est de constater qu’il joue déjà dans la cour des grands !

 

 Rameau, maître à danser » (Daphnis et Eglé et La Naissance d’Osiris), costumes d’Alain Blanchot, Théâtre de Caen, 2014. Rôles de Daphnis (Reinoud Van Mechelem) et d’Eglé (Elodie Fonnard). © Philippe Delva.
 Rameau, maître à danser » (Daphnis et Eglé et La Naissance d’Osiris), costumes d’Alain Blanchot, Théâtre de Caen, 2014. Rôles de Daphnis (Reinoud Van Mechelem) et d’Eglé (Elodie Fonnard). © Philippe Delva.