Deuxième site touristique de Normandie, la fondation Claude Monet, sise dans la propriété du peintre a été léguée à l’Académie des Beaux-Arts en 1966 par son fils Michel. Sa restauration a nécessité des travaux titanesques, mais le résultat vaut bien le détour. Elle est ouverte au public du 1er avril au 1er novembre.

Claude Monet (1840-1926), le père et représentant le plus illustre de l’Impressionnisme avec Bazille, Caillebotte, Cézanne, Degas, Manet, Pissarro, Renoir, Sisley… s’installa à Giverny en 1883. « C’est à Giverny qu’il faut avoir vu Monet pour le connaître, pour savoir son caractère, son goût d’existence, sa nature intime. (…) Cette maison et ce jardin, c’est aussi une œuvre, et Monet a mis toute sa vie à la créer et à la parfaire », écrivait alors son ami de toujours, le journaliste et homme de lettres Gustave Geffroy. En effet, le peintre a métamorphosé ce domaine délaissé en un chef-d’œuvre floral, qui inspira quantité de ses plus grands chefs-d’œuvre.

Giverny : la renaissance et l’ouverture au monde

Léguée à l’Académie des Beaux-Arts, en 1966 par Michel Monet le fils de Claude Monet, la propriété de Giverny a été restaurée entre 1977 et 1980. Dès l’ouverture au public en juin 1980, elle devient une destination prisée par des visiteurs toujours plus nombreux venant du monde entier. Deuxième site touristique de la Normandie, après le Mont Saint-Michel, elle accueille chaque année cinq cent mille passionnés qui, du 1er avril au 1er novembre, viennent « ressentir cette atmosphère unique. La Fondation Claude Monet, propriété de l’Académie des Beaux-Arts, doit rester un lieu vivant. Nos jardiniers travaillent toute l’année pour mettre en valeur les jardins, les reconstruire en permanence, en préserver et en renouveler le patrimoine végétal, tout en restant fidèle à la vision du grand peintre » explique Hugues R. Gall, membre de l’Académie des Beaux-Arts, conseiller d’État qui assure la direction de la Fondation depuis le 26 mars 2008.

 

La façade principale de la propriété du peintre à Giverny et léguée à l’Académie des Beaux-Arts par son fils Michel Monet. © Fondation Claude Monet, Giverny/DR, photographe F. Didillon.
La façade principale de la propriété du peintre à Giverny et léguée à l’Académie des Beaux-Arts par son fils Michel Monet. © Fondation Claude Monet, Giverny/DR, photographe F. Didillon.

 

La maison comme si Monet était encore là

La Fondation Claude Monet propose à chacun de partager l’intimité du maître des lieux dans sa maison, d’y découvrir, tels ses amis d’antan, l’exceptionnelle collection d’estampes japonaises, de s’enthousiasmer comme il le faisait devant l’incroyable richesse des floraisons du Clos Normand, d’éprouver l’émotion intacte délivrée par le Jardin d’Eau ; de vivre un temps à part, baigné dans cette lumière si particulière qu’il avait su recréer dans ses tableaux.

Côté jardin, une longue terrasse en bois est construite de manière à supprimer les volées de marches en pierre par lesquelles on accédait aux pièces du rez-de-chaussée, surélevé de ce côté par rapport au jardin. Ainsi, une fois l’entrée franchie, la première pièce est le salon de lecture encore appelé « Petit salon bleu » en raison des deux tons de bleu qui prédominent, il communique avec « L’épicerie » où l’on se défaisait des manteaux et chapeaux et où étaient entreposées les précieuses denrées telles que le thé, l’huile d’olive ou encore toutes sortes d’épices ; puis vient le premier atelier. C’est là que Monet travaille jusqu’en 1899, avant qu’il ne transporte chevalets et châssis dans un bâtiment à l’extérieur de la maison.

Le visiteur découvre aussi au rez-de-chaussée, la salle à manger, aujourd’hui reconstituée dans ses moindres détails dans ses tons jaunes ainsi que la cuisine où trône une immense cuisinière aux multiples fourneaux, les ustensiles de cuivre rutilent de tous leurs feux. Au 1er étage, les appartements privés dont la chambre de Monet où le bureau à cylindres du 18e siècle est toujours à sa place ainsi qu’une commode. Par ailleurs, côté jardin, James Priest, le Chef Jardinier inscrit son rôle dans la fidélité à l’époque de Monet. Son interprétation laisse cours à la passion partagée avec le peintre pour les roses, mais aussi pour les fleurs simples, comme les annuelles aux généreuses et éphémères floraisons. Peut-être aussi de nouvelles variations autour des dahlias, l’une des plantes favorites de Claude Monet dont le fameux « Étoile de Digoin » et les cultivars « maison » faisaient l’admiration de Georges Truffaut. Les saisons de Giverny se déclineront toujours selon le rythme attendu des floraisons. En avril, les jardins accueillent le public quand les cerisiers et pommiers rivalisent de floraisons nuageuses en un camaïeu rose, comme une évocation nippone.

 

Du printemps à l’automne, le spectacle est celui d’un jardin en perpétuel mouvement,  foisonnant, changeant d’une semaine à l’autre, au gré des floraisons successives.
Du printemps à l’automne, le spectacle est celui d’un jardin en perpétuel mouvement, foisonnant, changeant d’une semaine à l’autre, au gré des floraisons successives.